Régis Colin, photographe

J’avais découvert son oeuvre sur le tard… et elle m’avait plu.

Je ne suivais pas spécialement son travail mais ce soir je souhaitais voir ce qu’il devenait.

Quel ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert sa nécrologie…Encore une fois le temps et la vie passe trop vite.

Mon « petit » hommage à cet amoureux des gens.

Régis Colin à son domicile, il y a deux ans.

Le photographe Régis Colin est décédé 5 janvier 2015.
Il avait construit sa vie et une oeuvre sur son amour des autres.

Nécrologie

Régis Colin est décédé samedi d’un cancer, emporté en quelques mois. Il avait 64 ans.

Cet Équeurdrevillais, fils d’ouvrier, ouvrier lui-même à ses débuts, pratiquait au quotidien les valeurs de solidarité et de respect du travail du monde dont il était issu et qu’il aimait. Son parcours professionnel aura été indissociable de sa vie, marqué par son amour des rencontres humaines. Cet amour des hommes et de leur ouvrage, il avait choisi de l’exprimer par la photographie. Photographe à La Presse de la Manche à partir de 1977, il avait rejoint Paris-Normandie à Rouen à la fin des années 1980 comme chef du service photo. Mais, définitivement allergique aux compromis et à la hiérarchie, il avait démissionné et était revenu vivre de ses photos dans le Cotentin. Cet homme qui aimait le monde et l’avait beaucoup parcouru était solidement ancré dans sa terre natale.

Régis Colin donnait l’impression d’être perpétuellement en colère, ce qu’il n’était que de temps en temps. Ce buveur de thé n’aimait pas l’eau tiède. Il était comme ses photos, tout en noir et blanc. Capable de grandes colères et fidèle en amitié comme peu d’hommes le sont. Il avait une capacité hors du commun à créer de la confiance et à en donner.

Régis Colin a publié un certain nombre de livres de photos. Notamment Ouvriers (préface de Michel Onfray), aux éditions Paysages humains en 2013 ; Vétérans 1944-2004, avec un texte de François Simon, qui est une série de portraits de soldats ayant débarqué le 6 juin 1944, paru aux éditions Biplan en 2004 ; Tsigane, heureux si tu es libre (ouvrage collectif dans lequel il présentait quelques-unes des photos de ses nombreuses rencontres avec ces gens si proches de lui dans leur goût de la liberté) ; Mer des hommes, fruit de ses embarquements sur des bateaux de pêche en Basse-Normandie, édité aux Cahiers culturels de la Manche ; Énergies où il avait regroupé différents reportages, depuis EDF Flamanville jusqu’aux gitans ramassant le charbon sur les plages du Pays de Galles.


Photographe R.Colin

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